Fernando Carvalho est un imposteur consentant : cet homme qui se prétend agent des services secrets américains se retrouve un jour convoqué pour l’être vraiment — deux hommes du FSB l’attendent avec une seringue. Ce qu’ils visent à travers lui, c’est Nina Kazakova. Nina est une femme mystérieuse aux origines russes, peutêtre espionne du FSB, peut-être maîtresse cachée du président Popov — peut-être les deux, peut-être ni l’un ni l’autre. Fasciné par elle depuis qu’il l’a croisée à Paris, Fernando se laisse happer dans le dédale d’une Russie légendaire, folklorique, manipulée : celle où le mensonge historique s’accouple au mensonge érotique pour engendrer une nouvelle version de l’Histoire. En toile de fond : le mystère de la mort du tsar Alexandre Ier et le destin énigmatique du moine errant Fiodor Kouzmitch — figure historique dont l’historienne Marina Gromyko a montré qu’elle est bien plus qu’une légende. Le récit est construit en tiroirs emboîtés, poupées russes narratives dont on ne découvre le véritable narrateur qu’à la dernière page — à la manière de la Shéhérazade des Mille et une nuits, qui multiplie les histoires pour échapper à la mort promise à l’aube. Le Maître des fous est une comédie de l’imposture universelle, une parodie de la guerre froide qui n’a jamais vraiment cessé et se prolonge dans un amour qui semble impossible.
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